Caractérisation de l'écosystème planctonique au sein du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale

Projet CARPARC

Le projet CARPARC a pour objectif de caractériser l'écosystème planctonique dans les eaux du Parc. 

La campagne en mer s'est déroulée du 22 au 30 avril 2024 à bord du navire océanographique Côtes de la Manche de l'IFREMER.

L'objectif ?

 

Établir une carte des différents types de planctons. Le plancton est constitué d’animaux et de végétaux de petite taille, qui se déplacent principalement sous l’influence des courants. Le phytoplancton représente la partie végétale du plancton, tandis que le zooplancton représente la partie animale, y compris les œufs et larves de poissons.

Les échantillons prélevés lors de la campagne vont nous permettre d’identifier les zones de frayères où l’on retrouve les œufs et les larves de poissons, qui sont donc importantes à protéger. 

 

C’est la première fois qu’une campagne est mise en place pour établir cette cartographie spécifique de la zone du Parc marin.

Sur le terrain !

Pendant dix jours, des scientifiques ont parcouru le littoral, d'Ambleteuse au Tréport, pour observer à la loupe les écosystèmes planctoniques, des microalgues aux larves de poissons. Cette campagne océanographique alimente les connaissances sur ces écosystèmes afin de proposer des mesures de gestion adaptées du patrimoine naturel, de la qualité de l'eau et des ressources halieutiques du Parc. 

L’analyse des données collectées lors de la campagne permettra aux scientifiques de préciser les zones de ponte et d’éclosion des poissons, mais également de mieux comprendre la dérive des larves jusqu’aux zones de nourriceries.

Zoom sur le phytoplancton

 

Les scientifiques se sont également concentrés sur le phytoplancton, et en particulier sur la microalgue Phaeocystis globosa. Cette espèce unicellulaire, particulièrement présente entre mars et mai, s’agrège en colonies et produit un mucus qui rend l’eau visqueuse et provoque l’accumulation de mousses nauséabondes sur le littoral, appelé le « vert de mai ».

 

Au-delà du seuil de 1 million de cellules par litre, la présence de cette microalgue provoque des dysfonctionnements au sein des écosystèmes, sur l’ensemble de la chaîne trophique. Dans la zone étudiée, les concentrations de Phaeocystis peuvent atteindre aisément 10 à 20 millions de cellules par litre certaines années. 

Les conséquences directes sur la vie marine sont diverses : 

  • Évitement des zones chargées en Phaeocystis par le zooplancton, et donc disparition de cette source de nourriture

  • Association avec une autre microalgue (Pseudo-nitzschia spp.) productrice de toxines qui s’accumulent dans les coquillages et les rendent impropres pour la consommation humaine.

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