Connaître les reposoirs des phoques et les interactions avec les activités humaines

Les estuaires de la Canche, de l'Authie et de la Somme accueillent les reposoirs principaux des phoques veaux-marins et des phoques gris.

Pour les besoins de gestion, le Parc naturel marin a travaillé avec les associations locales (GDEAM 62, ADN, Picardie Nature) pour spatialiser les principaux reposoirs présents au sein de ces différents estuaires.

Les zones de repos des phoques en baie de Somme se trouvent principalement sur les bancs de sable situés au cœur de l’estuaire. Or, les tempêtes hivernales et/ou les gros coefficients peuvent modifier la géomorphologie de la baie de Somme. La cartographie des reposoirs des phoques est ainsi mise à jour par Picardie Nature, au moins une fois par an, après la période hivernale.

Certains bancs sont utilisés préférentiellement en fonction de la saison et du cycle biologique des espèces, notamment en période de reproduction pour le phoque veau-marin. La majorité d’entre eux est utilisée à marée basse.

En baie de Somme, depuis quelques années, des observations d'utilisation des mollières (prés salés) par des phoques veaux-marins en période de reproduction ont été faites par Picardie Nature et d'autres structures.

Synthèse des observations - Utilisation des bordures de mollières en baie de Somme par les phoques veaux-marins en période de reproduction et fréquentation humaine (Picardie Nature, 2025) : 

La cartographie des reposoirs de phoques dans les estuaires picards est disponible auprès du Parc naturel marin.

Interactions avec activités humaines

Le territoire connaît une attractivité touristique croissante couplée au développement d’un tissu d’activités professionnelles variées. Des activités commerciales de découverte et d’observation du milieu, notamment des phoques, se sont ainsi développées, en particulier dans les principaux sites de reposoirs des phoques (baie de Canche, baie d’Authie, baie de Somme). Ces activités permettent au grand public d’observer les phoques tant depuis la côte qu’en mer, et ce par l’intermédiaire de diverses pratiques (sorties pédestres, calèches, kayaks, pirogues, bateaux à moteur, etc.). Par ailleurs, les activités de découverte et de sport de nature en individuel se développent également. Ces différentes activités peuvent engendrer des pressions sur les phoques, telles que le dérangement.

Le dérangement correspond à « tout événement généré par l’activité humaine qui provoque une réaction de défense ou de fuite d’un animal, ou qui induit directement ou non, une augmentation des risques de mortalité pour les individus » (Triplet et Schricke, 1998).

Suivi du dérangement

En 2023-2024, le Parc naturel marin et Picardie Nature ont lancé une expérimentation d'un suivi des phoques sur leurs reposoirs en interaction avec les activités humaines en baie de Somme. Les deux partenaires ont ainsi élaboré une méthodologie pour qualifier et quantifier le dérangement des espèces, c'est à dire suivre les réponses comportementales des phoques en présence d’une activité humaine.

Dans le cadre du LIFE Espèces marines mobiles, un projet européen, le Parc naturel marin et Picardie Nature poursuivent l'acquisition des données en baie de Somme (période 2025-2027), et le Parc naturel marin a pour objectif d'expérimenter ce suivi dans les estuaires de l'Authie (2025-2026) et de la Canche (2026-2027).