Connaître les sables et vasières couverts par les marées
Les milieux sableux et vaseux recouverts par les marées hébergent de nombreux invertébrés vivants enfouis dans le sédiment qui jouent un rôle fondamental dans les chaînes alimentaires.
Le littoral du Parc naturel marin des estuaires picards et de la Mer d’Opale s’étend sur 118 km de côte. S’y succèdent de vastes plages sableuses entrecoupées d’estuaires : la Slack, le Wimereux, la Liane, la Canche, l’Authie, la Somme et la Bresle.
L’alternance des marées permet à la mer de couvrir et découvrir régulièrement de vastes espaces sableux et vaseux. Caractéristiques du Parc, ils constituent le lien entre la terre et la mer. Ces surfaces régulièrement immergées sont appelées « intertidales » : « inter » pour « entre » et « tidal » pour « marées » (tide, en anglais). Et parce que les marées sont ici d’une grande amplitude, on parle d’environnement « macrotidal » ("macro" pour "grand").
Loin d’être des milieux sans vie, le sable et les vasières des estuaires sont ce qu’on appelle des « habitats » : parties de l'environnement définies par un ensemble de facteurs physiques, et dans lesquelles vivent une population, une espèce ou un groupe d'espèces représentatives. De fait, ils hébergent de nombreux invertébrés vivants enfouis dans le sédiment : vers polychètes, mollusques bivalves, petits crustacés, etc. Ces organismes, constituent ce que l’on appelle le « benthos » et jouent un rôle fondamental dans les chaînes alimentaires : ils nourrissent de nombreuses espèces d’oiseaux et de poissons patrimoniaux.
Si le littoral du Parc joue ainsi un rôle important dans le cycle de vie de nombreuses espèces marines et estuariennes, il se révèle également très attractif pour l’Homme. Des activités denses et variées y prennent place : pêche à pied professionnelle et de loisir, mytiliculture, pratiques sportives et récréatives (char à voile, course à pied, randonnées), manifestations culturelles, ou encore aménagements maritimes (rechargements de plage, enrochements, digues etc.). Enfin le milieu marin constitue le réceptacle final des flux de pollutions issus des bassins versants, et notamment de la contamination chimique.
Ces nombreuses activités humaines sont susceptibles de générer des impacts sur l’état de conservation des habitats pour lesquels le Parc a une responsabilité de préservation.