Connnaître les phoques

Abondance, répartition et régime alimentaire

Le projet - baptisé « Eco-Phoques » - vise à mieux connaître les deux espèces de phoques (phoque veau-marin et phoque gris) présentes dans les eaux du Parc et leurs interactions avec les activités humaines. Les résultats de cette étude concernent principalement l’abondance, la répartition ou encore le régime alimentaire de ces mammifères marins.


En 2017, l’étude a recensé en simultané, de la frontière belge à la baie de Somme, environ 700 phoques veaux-marins et 400 phoques gris. Les deux espèces fréquentent toute l’année nos côtes. Ce suivi a aussi permis d’identifier les zones de chasse probables des mammifères.


Une analyse des fèces (crottes) récoltées a aussi montré que les habitudes alimentaires sont différentes pour les deux espèces. L’alimentation des phoques veaux-marins de la baie de Somme est composée à plus de 80% de poissons plats (plies, flets, soles communes, soles poles, petites soles jaunes, soles perdrix) et moins de 20% de poissons ronds. Pour les phoques gris de la baie de Walde – entre Calais et Gravelines -, elle est composée pour plus de la moitié de poissons plats (plies, flets, soles communes, soles poles), d’un tiers de poissons ronds (principalement des harengs) et de quelques céphalopodes (mollusques).


Enfin, une dernière phase portait sur les interactions entre activités humaines et population de phoques montrant un lien étroit entre les activités et la présence des phoques, et une relative connaissance de ces espèces par les acteurs. Ce travail sera à approfondir par le Parc naturel marin dans les années à venir.

Phoque gris (Halichoerus grypus), la tête hors de l'eau

Phoque gris (Halichoerus grypus), la tête hors de l'eau

Sébastien Brégeon / Office français de la biodiversité

Phoque gris (Halichoerus grypus), la tête hors de l'eau

Sébastien Brégeon / Office français de la biodiversité

Financé par la Région Hauts-de-France et par le Parc naturel marin, le projet Eco-phoques a été piloté par le Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS / Université de La Rochelle) et mené en partenariat avec les associations locales : CMNF, ADN, GEMEL, GDEAM 62 et Picardie Nature.

Télécharger le rapport final du projet :

Phoque équipé d'une balise pour le suivi télémétrique.

Phoque équipé d'une balise pour le suivi télémétrique.

Benjamin Guichard / Office français de la biodiversité

Phoque équipé d'une balise pour le suivi télémétrique.

Benjamin Guichard / Office français de la biodiversité

Suivi des déplacements des phoques

En 2019, douze phoques gris et quinze phoques veaux-marins ont été équipés de balises télémétriques GPS/GSM en baie de Somme lors de deux opérations (en mai et en octobre). La pose de ces balises permet d’étudier pendant plusieurs mois les déplacements et les comportements en plongée des mammifères.
Après quelques jours, les positions des balises révélaient déjà des comportements très différents : certains phoques n’avaient pratiquement pas bougé des bancs de sable, alors que d’autres avaient parcouru de grandes distances en direction du nord. Les résultats complets seront connus en 2021.

 

Ce projet de suivi télémétrique de phoques a été réalisé en collaboration entre le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale, le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CEBC) et l’Observatoire Pelagis (CNRS/Université de La Rochelle), l’Agence Française pour la Biodiversité / Office français de la biodiversité (OFB), le Sea Mammal Research Unit (SMRU), l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), les associations Picardie Nature et ADN (Association Découverte Nature). Son financement a été assuré par l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) dans le cadre du programme de suivi pour la DCSMM (Directive Cadre Stratégie Milieu marin) et la région Nouvelle Aquitaine dans le cadre du projet Multistress.

Suivi du régime alimentaire des phoques

En collaboration avec le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CEBC, CNRS / La Rochelle Université), le Parc naturel marin participe à la récolte de fèces de phoques afin d’améliorer la connaissance du régime alimentaire des deux espèces de phoques en Manche Nord-Est. L'étude s’intègre dans les suites du projet « Eco-Phoques ».

L’objectif est de mieux connaître les variations saisonnières de l'alimentation des phoques et d'évaluer les différences et similarités entre les deux espèces. Les associations locales de protection de l’environnement contribuent également à la collecte de fèces de phoques de manière opportuniste.

 

Visualisez le court-métrage "pas trop scientifique" réalisé par Yann Planque, dans le cadre de sa thèse au Centre d'Etudes Biologiques de Chizé (CEBC, CNRS / La Rochelle Université) :